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Alternatives à Adobe en 2026 : ArtCraft, Affinity, DaVinci Resolve et les autres

Avant ArtCraft, il y avait déjà des alternatives à Adobe

Cette semaine, un nom tourne en boucle chez les créatifs : ArtCraft.

Douze logiciels gratuits et open source, publiés d’un coup sur GitHub. Leur nom dit clairement qui ils visent.

Pour la création :

  • PhotoCraft pour Photoshop ;
  • VectorCraft pour Illustrator ;
  • DesignCraft pour InDesign ;
  • LightCraft pour Lightroom ;
  • FilmCraft pour Premiere ;
  • EffectCraft pour After Effects.

Et au-delà :

  • SoundCraft pour Pro Tools ;
  • CADCraft pour AutoCAD ;
  • PdfCraft pour Acrobat ;
  • WordCraft, GridCraft et DeckCraft pour Word, Excel et PowerPoint.

Le tout est réécrit en Rust, pour Mac, Windows et Linux, avec une bonne dose d’intelligence artificielle. Les IA (Claude, Codex) ont reçu une consigne simple : reproduire à l’identique les menus, les raccourcis et les comportements des originaux.

Sur le papier, c’est le rêve. Et dans la réalité ? Pas si mal, en fait.

Korben a testé l’ensemble sur Mac. Un PSD de sept calques s’ouvre dans PhotoCraft, s’affiche au pixel près et se réenregistre sans perdre ses calques. Les autres applications ouvrent leurs fichiers de test. Son verdict : un travail « vraiment impressionnant ». Pour un usage ponctuel, c’est même « le pied ».

Mais il y a des « mais ».

Les outils sont inégaux. Seuls les formats ouverts ou documentés passent. EffectCraft n’ouvre pas les projets After Effects, et FilmCraft ne lit pas encore ceux de Premiere. Korben le dit sans détour : « ça ne remplacera pas Photoshop si vous êtes un pro de cet outil ».

Il y a aussi une question juridique. Copier le fonctionnement d’un logiciel est permis en Europe. Copier son apparence, c’est plus risqué. Et ArtCraft a ouvertement étudié Photoshop pour son comportement comme pour son look.

Je vais suivre le projet de près, c’est passionnant. Mais je ne livrerai pas un client avec, pas cette année.

Et surtout, on n’a pas attendu ArtCraft pour partir.

Le jour où j’ai rendu les clés (enfin, presque)

Pendant des années, j’ai payé Adobe tous les mois. Comme tout le monde. Parce que c’était « le standard ».

Puis un jour, j’ai fait le calcul. Des centaines d’euros par an pour louer des outils dont j’utilisais une fraction. Des logiciels qui ne m’appartiendraient jamais.

Alors je suis passé sur Affinity. Photo, Designer, Publisher. Une licence achetée une fois, et c’était fini. Pas d’abonnement, pas de cloud imposé. Et pour 90 % de mon travail, rien ne me manquait.

Pour mon travail, oui. Mais pas pour mes formations.

Car quand un organisme ou une entreprise me demande de former ses équipes sur Photoshop, InDesign ou Premiere, je ne vais pas débarquer avec Affinity sous le bras. Les stagiaires repartent travailler sur Adobe, c’est sur Adobe qu’ils doivent apprendre. Alors j’ai gardé un abonnement, uniquement pour ces missions.

Deux outils, deux usages. Affinity pour créer. Adobe pour transmettre ce que mes stagiaires utiliseront le lundi suivant.

Ce n’est pas de l’idéologie, c’est du respect pour ceux que je forme.

Le petit twist de l’histoire : Canva a racheté Affinity en mars 2024. Et fin octobre 2025, les trois logiciels ont fusionné en une seule application… gratuite. Totalement. Seules les fonctions d’IA sont réservées aux abonnés Canva.

Oui, j’ai payé pour un logiciel qui est devenu gratuit. Je ne regrette rien, j’ai soutenu une équipe qui le méritait.

Et la suite Apple

Pour la vidéo, le son et le motion design, je vis dans l’écosystème Apple : Final Cut Pro, Motion, Logic Pro, Pixelmator Pro.

Depuis janvier 2026, Apple les regroupe dans un abonnement, Apple Creator Studio. 12,99 € par mois ou 129 € par an, 2,99 € par mois pour les étudiants et les profs.

Oui, un abonnement. Mais avec une différence de taille : Apple vend toujours ses applications à l’unité, en achat définitif. Le choix reste le vôtre. C’est tout ce que je demande à un éditeur.

Le revers ? C’est Mac seulement.

Le grand tableau des équivalences

Si vous utilisez…Essayez plutôt…
PhotoshopAffinity, Pixelmator Pro, GIMP, Photopea
IllustratorAffinity, Inkscape, Graphite
InDesignAffinity, Scribus
Lightroomdarktable, RawTherapee
Premiere ProDaVinci Resolve, Final Cut Pro, Kdenlive, Shotcut
After EffectsAutograph, Motion, Blender, Natron
AuditionLogic Pro, Audacity, Fairlight (dans Resolve)
Adobe XDPenpot, Figma
DessinKrita

Maintenant, entrons dans le détail.

Retoucher sans louer

Affinity d’abord. C’est la suite la plus proche des habitudes Adobe, et elle ouvre vos PSD. Si vous ne devez en essayer qu’une, c’est elle.

Pixelmator Pro sur Mac. Plus simple, rapide, bien intégré au système. Pour préparer des visuels web, c’est un régal.

GIMP, le doyen du libre. Sa version 3, sortie en 2025, a enfin rattrapé son retard : interface modernisée, édition non destructive. Il demande un peu de patience. Mais il est gratuit, partout.

Et Photopea, la roue de secours. Il tourne dans le navigateur, ressemble à Photoshop et ouvre les PSD. Sur l’ordinateur de quelqu’un d’autre, il sauve des vies (ou au moins des deadlines).

Dessiner, illustrer, vectoriser

Krita, c’est l’outil des illustrateurs. Des brosses superbes, de l’animation image par image, et pas un centime à payer.

Inkscape est la référence libre du vectoriel depuis vingt ans. Logos, pictos, SVG pour le web : il fait le job.

Et un petit nouveau à surveiller : Graphite. Encore en alpha, il mélange vectoriel et matriciel avec une logique de nœuds. Pas pour la prod aujourd’hui. Mais peut-être pour demain.

Mettre en page

Affinity, encore lui, remplace très bien InDesign. Plaquettes, flyers, livres.

Côté libre, Scribus fait le travail pour l’impression pro. Son interface a pris quelques rides, je ne vais pas vous mentir.

Développer ses photos

Pour quitter Lightroom, darktable est le plus complet : catalogue, développement RAW, masques. RawTherapee est plus austère, mais redoutable pour tirer le maximum d’un fichier.

Monter ses vidéos

DaVinci Resolve, c’est le champion. Sa version gratuite fait tout : montage, étalonnage de niveau cinéma, son, effets.

Sur Mac, Final Cut Pro reste le plus fluide au quotidien. Rien ne lui arrive à la cheville pour monter vite.

Kdenlive et Shotcut, côté libre, sont parfaits pour une chaîne YouTube, des tutos ou les vidéos de votre asso.

Animer : la vraie surprise de 2026

S’il y a une nouvelle à retenir cette année, c’est celle-là.

Autograph, de Maxon (les créateurs de Cinema 4D), est devenu entièrement gratuit au printemps. Pour les indépendants comme pour les studios. Sans limite de résolution, sans piège.

Motion design, compositing, effets visuels : c’est aujourd’hui l’alternative la plus sérieuse à After Effects. Et elle ne coûte rien.

Sur Mac, il y a Motion. Souvent oublié, injustement. Pour les titres et les animations, il est redoutable, et il parle directement à Final Cut.

Blender fait tout. La 3D, l’animation, le rendu, et même du montage. Sa communauté est immense.

Natron, compositing libre par nœuds, rend encore service. Mais il avance doucement, porté par une petite communauté.

Le son et les maquettes

Logic Pro pour la musique et le mixage. Audacity pour couper un son en deux minutes. Et si vous montez dans Resolve, sa page Fairlight remplace Audition sans broncher.

Pour les maquettes d’interface, Adobe XD n’évolue plus. Penpot, libre et pensé pour le web, a pris la relève. Figma reste la référence, avec une version gratuite limitée.

Avant de partir, quatre vérités

Changer d’outils, ce n’est pas qu’une question de prix.

Les formats, d’abord. Si vos clients vous envoient des PSD, des AI ou des INDD, testez avec vos vrais fichiers avant de résilier quoi que ce soit.

L’équipe, ensuite. Si tout le monde autour de vous est sur Adobe, vous serez celui qui convertit. Parfois ça vaut le coup. Parfois non. Et si, comme moi, vous formez des gens sur Adobe, garder un abonnement pour ces missions n’a rien d’une trahison. C’est juste être honnête avec ceux qui apprennent.

Le temps, aussi. Un nouvel outil, c’est quelques semaines un peu plus lentes. Commencez par un projet perso, pas par la commande urgente.

Et enfin : gratuit ne veut pas dire sans modèle économique. Affinity vit grâce à Canva. Resolve grâce aux caméras Blackmagic. Autograph grâce à Maxon. ArtCraft, lui, vit de son studio de génération d’images et de vidéos par IA, vendu par abonnement. Les logiciels libres, eux, vivent de vos dons. Si un outil vous fait gagner votre vie, rendez-lui un peu.

Des outils existent

ArtCraft prouve une chose : avec l’IA, quelques développeurs peuvent désormais s’attaquer à des logiciels qui ont demandé des décennies de travail. Plus de concurrence, c’est une excellente nouvelle pour nous tous.

Mais vous n’avez pas besoin d’attendre qu’il soit mûr.

Mon trio du moment :

  • Affinity pour l’image ;
  • DaVinci Resolve ou Final Cut pour la vidéo ;
  • Autograph ou Motion pour l’animation.

Gratuit, ou presque.

Le logiciel n’a jamais fait le créatif. C’est vous qui créez.

Les outils existent. À vous de choisir ceux qui vous ressemblent.


Sources :